27

Elle ne le crut pas. Elle refusa d’appeler les flics, et ne voulut pas déranger les Borden par un coup de fil à cette heure-ci.

À neuf heures et demie, le lendemain matin, elle téléphona à Roy. Puis elle parla à sa mère. Comme elle avait insisté pour être seule, Colin n’entendit pas la conversation.

Après avoir discuté avec les Borden, elle incita Colin à revenir sur ses propos. Devant son refus, elle entra en fureur.

À onze heures, après une longue discussion, ils se rendirent tous deux au cimetière de voitures. Aucun d’eux ne parla durant le trajet.

Elle se gara au bout du chemin poussiéreux, près de la bicoque. Ils descendirent de voiture.

Colin était mal à l’aise. Des échos de la précédente nuit de terreur résonnaient encore dans sa mémoire.

Sa bicyclette était couchée à proximité des marches du porche. Celle de Roy avait disparu, évidemment.

— Tu vois, dit-il, j’étais là.

Elle ne répondit pas. Elle poussa la bicyclette jusqu’à l’arrière de la voiture.

Colin la suivit. « C’est arrivé exactement comme je l’ai raconté. »

Elle ouvrit le coffre. « Aide-moi. »

Elle souleva le vélo pour le mettre à l’arrière, mais il ne rentrait pas suffisamment dans le coffre pour pouvoir le fermer et le verrouiller. Elle trouva une bobine de fil de fer dans la caisse à outils et s’en servit pour attacher le capot.

— Est-ce que la bicyclette ne prouve pas quelque chose ? demanda Colin.

Elle se tourna vers lui. « Ça prouve que tu étais là. »

— Comme je l’ai dit.

— Mais pas avec Roy.

— Il a essayé de me tuer !

— Il m’a dit que la nuit dernière, il était chez lui à partir de neuf heures et demie.

— Évidemment que c’est ce qu’il t’a dit ! Mais…

— Sa mère me l’a confirmé, aussi.

— Ce n’est pas vrai.

— Es-tu en train de traiter Mrs Borden de menteuse ?

— Eh bien, elle ignore probablement qu’elle ment.

— Qu’est-ce que c’est censé vouloir dire ?

— Roy lui a probablement raconté qu’il était à la maison, dans sa chambre, et elle l’a cru.

— Elle sait qu’il était là, pas seulement parce qu’il le lui a dit, mais parce qu’hier soir, elle était chez elle, aussi.

— Mais est-ce qu’elle lui a effectivement parlé ?

— Quoi ?

— Hier soir ? Lui a-t-elle parlé ? Ou a-t-elle simplement présumé qu’il était là-haut dans sa chambre ?

— Je ne l’ai pas cuisinée pour avoir des détails sur…

— L’a-t-elle effectivement vu la nuit dernière ?

— Colin…

— Si elle ne l’a pas vu pour de vrai, dit Colin avec agitation, elle ne peut pas avoir la certitude qu’il était là-haut dans sa chambre.

— C’est ridicule.

— Non, pas du tout. Ils ne se parlent pas beaucoup dans cette maison. Ils ne s’occupent pas les uns des autres. Ils ne vont pas chercher pour entamer une conversation.

— Elle aura su qu’il était là en passant la tête pour lui souhaiter bonne nuit.

— Mais c’est exactement ce que je suis en train d’essayer de t’expliquer. Elle ne ferait jamais ça. Elle ne se donnerait jamais la peine d’aller lui dire bonsoir. Je le sais. J’en mettrais ma main à couper. Ils ne se comportent pas comme tout le monde. Il y a quelque chose de vraiment étrange chez eux. Un truc ne tourne pas rond dans cette maison.

— D’après toi, qu’est-ce que c’est ? demanda-t-elle avec colère. Sont-ils des envahisseurs d’une autre planète ?

— Bien sûr que non.

— Comme dans l’un de ces satanés bouquins débiles que tu lis à longueur de temps ?

— Non.

— Faut-il appeler Buck Rogers à la rescousse ?

— Je… J’essayais simplement de te faire comprendre qu’ils n’ont pas l’air d’aimer Roy.

— C’est une chose terrible à dire.

— Je suis pratiquement certain que c’est vrai.

Elle hocha la tête, stupéfaite. « T’est-il jamais venu à l’idée que tu étais peut-être trop jeune pour concevoir pleinement une émotion aussi complexe que l’amour, sans compter toutes les formes qu’il peut revêtir ? Mon Dieu, tu es un garçon de quatorze ans inexpérimenté ! Pour qui te prends-tu pour juger les Borden sur une chose pareille ? »

— Mais si tu voyais la façon dont ils se comportent. Si tu entendais la manière dont ils se parlent ! Et ils ne font jamais rien ensemble. Même nous, on fait plus de trucs ensemble que les Borden.

— « Même nous ? » Que veux-tu dire par là ?

— Eh bien, on ne fait pas grand-chose ensemble, n’est-ce pas ? En tant que famille, je parle.

Il ne voulut pas voir ce qu’il lut dans ses yeux. Il détourna son regard.

— Au cas où tu l’aurais oublié, je suis divorcée de ton père. Et au cas où cela te serait aussi sorti de l’esprit, ce fut un divorce cruel. L’enfer. Alors, qu’espères-tu, à la fin ? Tu crois que tous les trois, on devrait aller pique-niquer de temps en temps ?

Colin traîna les pieds dans l’herbe. « Je veux dire même juste toi et moi. Tous les deux. On ne se voit pas souvent, et les Borden voient encore moins Roy. »

— Quand ai-je le temps, pour l’amour du ciel ?

Il haussa les épaules.

— Je travaille dur.

— Je le sais.

— Tu crois que ça me fait plaisir de travailler autant ?

— On dirait.

— Eh bien, ce n’est pas le cas.

— Alors pourquoi…

— J’essaie de nous construire un avenir. Tu peux comprendre ? Je veux être certaine que nous n’aurons jamais à nous faire du souci pour l’argent. Je veux la sécurité. Une grande sécurité. Mais tu n’en es absolument pas reconnaissant.

— Si. Je sais que tu travailles dur.

— Si tu tenais vraiment compte de ce que je fais pour nous, tu n’aurais pas essayé de m’impressionner avec ces conneries, que Roy a essayé de te tuer et…

— C’est pas des conneries.

— Ne prononce pas ce mot-là !

— Quel mot ?

— Tu le sais bien.

— Conneries ?

Elle le gifla.

Vexé, il porta la main à sa joue.

— Ne minaude pas avec moi, dit-elle.

— Je ne minaude pas.

Elle se détourna. Elle fit quelques pas dans l’herbe et resta un moment à regarder le cimetière de voitures.

Il était au bord des larmes. Mais il ne voulait pas qu’elle le voie pleurer, aussi il se mordit la lèvre et se retint. La douleur et l’humiliation furent peu après remplacés par la colère, et il n’eut plus à se mordre la lèvre.

Quand elle eut repris son calme, elle revint vers lui. « Je suis désolée. »

— C’est pas grave.

— Je me suis énervée, et c’est un mauvais exemple à donner.

— Ça ne m’a pas fait mal.

— Je me fais tellement de souci pour toi.

— Ce n’est pas ce que je voulais.

— Je m’inquiète parce que je sais ce qui se passe.

Il attendit.

— Tu es venu ici la nuit dernière à bicyclette, dit-elle. Mais pas avec Roy. Je sais avec qui tu étais.

Il ne répondit rien.

— Oh, je ne connais pas leurs noms, mais je vois le genre de gosses que c’est.

Il cligna des yeux. « De qui tu parles ? »

— Tu sais bien de qui je parle. De tes autres copains, de ces petits malins qu’on voit de nos jours à tous les coins de rues, ces loubards sur leur skateboard qui essaient de te faire tomber dans le caniveau quand tu passes à côté d’eux.

— Tu t’imagines que je pourrais intéresser des mecs pareils ? Je fais aussi partie de ceux qu’ils enverraient dans le caniveau.

— Tu es fuyant.

— Je dis la vérité. Roy était mon seul ami.

— N’importe quoi !

— Je ne me lie pas facilement.

— Ne me raconte pas de mensonges.

Il demeura silencieux.

— Depuis que nous nous sommes installés à Santa Leona, tu as de mauvaises fréquentations.

— Non.

— Et la nuit dernière, tu es venu ici avec certains d’entre eux, probablement parce que c’est un endroit à la mode, en fait, c’est un endroit idéal pour se planquer, fumer de la drogue et faire… plein d’autres choses.

— Non.

— La nuit dernière, tu es venu ici avec eux, tu as pris quelques pilules – Dieu sait ce que c’était – et ensuite tu as commencé à planer.

— Non.

— Admets-le.

— Ce n’est pas vrai.

— Colin, je sais que, au fond, tu es un bon garçon. Tu n’avais jamais eu le moindre ennui jusqu’à présent. Aujourd’hui, tu as commis une erreur. Tu t’es laissé débaucher par d’autres gamins.

— Non.

— Si tu l’admets simplement, si tu y fais face, je ne serai pas furieuse contre toi. Je te respecterai car tu en auras supporté les conséquences. Je t’aiderai, Colin, si tu veux bien me donner une chance.

— Donne-moi une chance, à moi !

— Tu as pris deux pilules…

— Non.

— … et pendant quelques heures, t’étais complètement parti, vraiment dans les vapes.

— Non.

— Quand tu as fini par revenir sur terre, tu t’es rendu compte que tu avais erré, et que tu devais retourner en ville sans ton vélo.

— Seigneur !

— Tu ne savais pas trop comment revenir ici et retrouver ta bicyclette. Tes vêtements étaient déchirés, sales, et il était une heure du matin. Tu as paniqué. Ne sachant pas comment tu allais expliquer ça, tu as inventé cette histoire absurde à propos de Roy Borden.

— Tu vas m’écouter ? (Il pouvait à peine s’empêcher de lui crier dessus.)

— J’écoute.

— Roy Borden est un tueur. Il…

— Tu me déçois.

— Mais regarde ce que je suis, pour l’amour du ciel !

— Ne parle pas comme ça.

— Tu ne me vois pas ?

— Ne hurle pas sur moi.

— Tu ne vois pas ce que je suis ?

— Tu es un garçon qui a des ennuis et qui aggrave son cas.

Colin était furieux contre elle parce qu’elle l’obligeait à se montrer sous un jour qu’il ne lui avait jamais révélé. « Est-ce que je ressemble à l’un de ces jeunes ? Ai-je l’air de l’un de ces mecs à qui ils iraient se donner la peine de dire bonjour ? Ils ne prendraient même pas le temps de me cracher dessus. Pour eux, je ne suis qu’un minus maigrichon, timide et myope. » (Des larmes brillèrent au coin de ses paupières. Il se détestait de ne pouvoir les retenir.) « Roy était le meilleur ami que j’avais. Le seul ami. Pourquoi irais-je inventer une histoire aussi saugrenue juste pour lui créer des ennuis ? »

— Tu étais ahuri et désespéré. (Elle le dévisagea comme si son regard allait le mettre à nu et dévoiler la vérité telle qu’elle se l’imaginait.) Et d’après Roy, tu étais très en colère après lui parce qu’il avait refusé de venir ici avec toi et les autres.

Colin la regarda, bouche bée. « Tu veux dire que tu tiens toute cette théorie de la bouche de Roy ? Cette histoire débile sur le fait que je me drogue… ça vient de Roy ? »

— Je m’en suis doutée hier soir. Lorsque j’en ai parlé à Roy, il m’a répondu que j’avais raison. Il m’a dit que tu lui en voulais parce qu’il avait refusé de vous accompagner…

— Il a voulu me tuer !

— … et de participer pour l’achat des pilules.

— Il n’y avait pas de pilules.

— Roy affirme le contraire, et ça explique beaucoup de choses.

— T’a-t-il au moins donné le nom de l’une de ces drogues extravagantes que je suis censé consommer ?

— Cela ne me concerne pas. C’est à ton sujet que je m’inquiète.

— Seigneur !

— Je me fais du souci pour toi.

— Mais pour la mauvaise raison.

— S’amuser avec la drogue, c’est stupide et dangereux.

— Je n’ai rien fait.

— Si tu veux être traité comme un adulte, il faut que tu commences à te comporter comme tel, dit-elle sur un ton moralisateur qui l’exaspéra. Un adulte reconnaît ses erreurs. Un adulte assume toujours les conséquences de ses actes.

— Pas la majorité de ceux que je vois.

— Si tu persistes dans cette tentative obstinée de…

— Comment peux-tu le croire, lui, au lieu de moi ?

— C’est un très gentil garçon. Il…

— Tu ne lui as parlé que deux fois dans ta vie !

— C’est assez pour savoir que c’est un garçon sain et très mûr pour son âge.

— C’est faux ! Il n’est pas du tout comme ça. Il ment !

— Son histoire sonne certainement plus vraie que la tienne. Et il me fait l’effet d’un garçon raisonnable.

— Tu penses que je ne suis pas raisonnable ?

— Colin, combien de nuits m’as-tu tirée hors du lit parce que tu étais persuadé que quelque chose rampait dans le grenier ?

— Pas si souvent, marmonna-t-il.

— Si. Aussi souvent. Très souvent. Et y a-t-il jamais eu quelque chose quand on allait voir ?

Il soupira.

— Alors ? insista-t-elle.

— Non.

— Combien de nuits étais-tu absolument certain que quelqu’un se tenait caché derrière la maison, et essayait de rentrer par ta fenêtre ?

Il ne répondit pas.

Elle profita de son avantage. « Et les garçons pondérés passent-ils tout leur temps à construire des maquettes plastiques de monstres de cinéma ? »

— C’est pour ça que tu ne me crois pas ? Parce que je vais voir beaucoup de films d’horreur ? Parce que je lis de la science-fiction ?

— Arrête. N’essaie pas de me faire passer pour une simple d’esprit.

— Merde.

— Cette bande avec laquelle tu traînes t’a aussi donné de mauvaises habitudes de langage, et je ne le permettrai pas.

Il s’éloigna d’elle en direction de l’entrepôt.

— Où vas-tu ?

Tout en marchant, il lui répondit : « Je peux te montrer la preuve. »

— On s’en va.

— Eh bien, pars.

— Je devrais être à la galerie depuis une heure.

— Je peux te montrer la preuve, si tu te donnes la peine de regarder.

Il traversa le cimetière et se dirigea vers l’endroit où la colline s’abaissait sur les rails de chemin de fer. Il n’était pas sûr qu’elle le suivait, mais essaya de faire comme s’il n’en doutait pas. Il estimait que le fait de regarder derrière lui serait un signe de faiblesse, et trouvait qu’il avait été un faible pendant bien trop longtemps.

La nuit dernière, la collection d’épaves d’Ermite Hobson ressemblait à un sinistre labyrinthe. Aujourd’hui, en plein jour, ce n’était plus qu’un endroit triste, très triste et désolé. En regardant légèrement de côté, à travers la surface terne et alvéolée, au-delà du misérable présent, on pouvait entrevoir le passé qui rayonnait partout. Jadis, les voitures avaient été belles et brillantes. Des hommes avaient investi du travail, de l’argent et des rêves dans ces machines, et tout cela pour aboutir à ceci : la rouille.

Arrivé à l’extrémité occidentale du terrain, il eut peine à croire ce qu’il voyait de ses yeux. La preuve qu’il comptait montrer à Weezy avait disparu.

La camionnette délabrée se trouvait toujours à trois mètres du bord, là où Roy avait dû l’abandonner, mais les plaques de tôle n’étaient plus là. Bien que le camion se soit arrêté avec ses roues avant à l’oblique dans la poussière, les roues arrière étaient restées carrément sur la piste de métal. Colin s’en souvenait parfaitement. À présent, les quatre roues reposaient sur le sol nu.

Colin comprit ce qui s’était passé et sut qu’il aurait dû s’y attendre. Hier soir, lorsqu’il était resté caché dans l’arroyo à l’ouest de la voie ferrée, Roy ne s’était pas immédiatement précipité en ville pour l’attendre devant chez lui, mais avait finalement renoncé à la chasse pour revenir ici effacer toutes les traces de son plan pour provoquer le déraillement du train. Il avait transporté chaque tronçon amovible de la piste de fortune construite pour le camion. Puis il avait même soulevé avec un cric les roues arrière du Ford pour ôter les deux dernières feuilles de métal compromettantes coincées en dessous.

L’herbe derrière le camion, sûrement aplatie par le passage du Ford, se tenait maintenant presque aussi droite que partout ailleurs dans l’entrepôt ; elle balançait doucement sous la brise. Roy avait pris le temps de la ratisser, et ainsi, ôté les empreintes jumelées du sillage de la camionnette. En y regardant de plus près, Colin s’aperçut que les brins d’herbe élastiques n’avaient guère subi de dommages. Quelques-uns étaient cassés. D’autres, plus nombreux, courbés. Certains étaient écrasés. Mais ces subtils indices ne constitueraient pas une preuve suffisante pour convaincre Weezy de la véracité de son histoire.

Bien qu’il fût bien plus proche du bord de la colline que toutes les autres épaves, on aurait dit que le Ford était resté là, à la même place, intact, depuis des années et des années.

Colin s’agenouilla à côté de la camionnette et tendit la main vers l’une des roues toute rouillée. Il en ressortit un gros morceau de graisse froide.

— Qu’est-ce que lui fais ? demanda Weezy.

Il se tourna vers elle et leva sa main toute grasse. « Voici tout ce que je peux te montrer. Il a emporté tout le reste, toutes les autres preuves. »

— Qu’est-ce que c’est ?

— De la graisse.

— Et alors ?

C’était sans espoir.

La voix des ténèbres
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